Pendant que beaucoup débattent encore de savoir s'il est "raisonnable" de faire classe dehors, nous acceptons sans broncher que la majorité des enfants passent le plus clair de leurs journées assis, sous lumière artificielle, dans un environnement pauvre en stimulations sensorielles, souvent avec moins d'une heure quotidienne passée dans la nature.
Si ce mode de vie est déjà destructeur pour la santé des adultes, il l'est encore plus pour celle des enfants.
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L'école du dehors est souvent présentée comme une pédagogie parmi d'autres. C'est une erreur. Cette approche pédagogique est d'abord une réponse à plusieurs enjeux majeurs de santé publique.
L'Organisation mondiale de la Santé alerte depuis des années sur :
L'OMS recommande au moins 1 heure d'activité physique quotidienne chez les 5-17 ans. Beaucoup d'enfants en sont encore loin...
Source : Organisation Mondiale de la Santé - Lignes directrices sur l'activité et la sédentarité (2020-2021).
Certes, aucun de ces phénomènes n'est créé directement par l'école. Cependant, l'école peut soit les aggraver, soit contribuer à les réduire. En effet, l'école est un levier important de promotion de l'activité physique.
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Le cerveau humain ne s'est pas développé entre quatre murs.
Il s'est construit en mouvement, dans des environnements riches, variables, bruyants, vivants.
Pour apprendre, l'humain a besoin de toucher, sentir, observer, bouger, explorer.
Aujourd'hui, l'enfant est censé apprendre en étant principalement immobile. On lui demande de contrôler son corps pendant plusieurs heures, alors que le mouvement favorise les apprentissages, l'attention et la mémorisation.
Et pendant que nous appelons cela de la discipline, la biologie appelle cela une contrainte.
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Les recherches sont aujourd'hui suffisamment nombreuses pour montrer que le contact régulier avec des espaces naturels est associé à :
Chez les enfants, plusieurs études montrent également une réduction des symptômes d'inattention et un meilleur équilibre émotionnel.
Sources :
La question n'est donc pas : "La nature fait-elle du bien ?", mais "Pourquoi l'école devrait en priver les enfants ?".
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Faire classe dehors améliore les conditions dans lesquelles les apprentissages deviennent possibles. Les enseignants qui pratiquent régulièrement observent souvent :
La littérature scientifique va largement dans ce sens : les apprentissages, loin d'être sacrifiés, peuvent être soutenus par un environnement plus favorable au fonctionnement du cerveau.
Source : Getting out of the classroom and into nature - Frontiers in Public Health (2022).
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Chaque année, les gouvernements investissent des millions dans la prévention de la santé mentale, de l'obésité, de la sédentarité ou des maladies chroniques.
Pendant ce temps-là...
Nous continuons à organiser l'école comme si le corps n'existait pas. Comme si respirer l'air extérieur, marcher, observer le vivant ou ressentir les saisons étaient des activités secondaires, alors qu'elles devraient être ordinaires.
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La véritable question n'est pas « Pourquoi faire classe dehors ? », mais « Comment peut-on encore concevoir une école qui fait passer autant de temps à l'intérieur ? »
Faire classe dehors n'est pas une mode, un luxe, ou une récompense. C'est l'une des mesures les plus simples, les moins coûteuses et les plus cohérentes que notre système éducatif puisse prendre pour améliorer simultanément la santé, le bien-être et les conditions d'apprentissage des enfants.
Il est plus que temps d'arrêter de considérer la nature comme un décor, et de recommencer à la considérer comme un déterminant majeur de la santé.
Si faire classe dehors contribue, même modestement, à former des enfants en meilleure santé, plus attentifs, plus autonomes et plus connectés au monde qui les entoure, alors ce n'est pas seulement une innovation pédagogique, mais un choix de société et une question de santé publique.